Love Hunters (2016) Titre original : Hounds of Love

Film difficile Ă  voir. On vit le kidnapping en mĂȘme temps que la kidnappĂ©e.
On voit Ă  quelle vitesse cela peut se produire. En une fraction de seconde, une vie peut basculer.
Et si on est en mauvais terme avec les parents au moment oĂč le drame arrive, c’est encore pire.
La Vie est prĂȘte Ă  tout pour nous montrer les bonnes maniĂšres, d’une maniĂšre ou d’une autre.
Car ĂȘtre blasĂ© et mal poli ne permet pas de terminer son parcours en toute sĂ©rĂ©nitĂ©.

Love Hunters (Hounds of Love) est un thriller psychologique doublĂ© d’un drame australien Ă©crit et rĂ©alisĂ© par Ben Young, sorti en 2016. On a encore du mal Ă  croire que ceci soit un premier film, car il est assez bien maĂźtrisĂ©, presque Ă  la perfection. Sous ses airs de bourgeoisie aseptisĂ©e, se cache dans la banlieue, un couple que l’on peut aisĂ©ment qualifier de psychopathe.

Un soir, et aprĂšs un scĂ©nario bien ficelĂ©, comme s’ils en avaient l’habitude, ils kidnappent une adolescente pour la sĂ©questrer durant plusieurs jours. La jeune fille va alors devoir surpasser sa peur, pour chercher les failles de ce couple tordu et ainsi garder un espoir de survie. C’est inspirĂ© des horribles crimes de David & Catherine Birnie.

David John Birnie (16 fĂ©vrier 1951 – 7 octobre 2005) et Catherine Margaret Birnie (nĂ©e Harrison, le 23 mai 1951) Ă©taient un couple australien de Perth qui a assassinĂ© quatre femmes Ă  leur domicile en 1986, tentant Ă©galement d’en assassiner une cinquiĂšme. Ces crimes ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©s dans la presse comme les meurtres de Moorhouse, d’aprĂšs l’adresse des Birnie au 3 Moorhouse Street Ă  Willagee, une banlieue de Perth. David Ă©tait l’aĂźnĂ© de cinq enfants et a grandi Ă  Wattle Grove, une banlieue semi-rurale de Perth. Des amis d’école et des connaissances de l’église se souviennent que la famille de Birnie Ă©tait dysfonctionnelle et sujette Ă  de frĂ©quentes rumeurs d’alcoolisme, de promiscuitĂ© et d’inceste. La famille n’avait jamais de repas rĂ©guliers ensemble, et les parents de Birnie ne prĂ©paraient pas de repas pour leurs enfants.

Quant Ă  Catherine, elle avait deux ans lorsque sa mĂšre, Doreen, est morte en donnant naissance Ă  son frĂšre, qui est lui-mĂȘme dĂ©cĂ©dĂ© deux jours plus tard. Incapable d’élever Catherine, son pĂšre Harold l’a envoyĂ©e vivre chez ses grands-parents maternels. À l’ñge de 10 ans, un diffĂ©rend sur la garde a permis Ă  Harold de rĂ©cupĂ©rer la garde exclusive de Catherine.

Catherine a rencontrĂ© David Ă  l’ñge de douze ans et a entamĂ© une relation amoureuse avec lui deux ans plus tard. Son pĂšre l’a suppliĂ©e Ă  plusieurs reprises de quitter David, car son implication avec lui lui a valu des ennuis avec la police, ce qui lui a valu d’ĂȘtre envoyĂ©e dans une prison pour jeunes Ă  l’adolescence. EncouragĂ©e par un agent de libĂ©ration conditionnelle, Catherine a commencĂ© Ă  travailler pour la famille McLaughlin en tant qu’aide mĂ©nagĂšre. Elle a Ă©pousĂ© Donald McLaughlin le jour de son 21e anniversaire et a eu sept enfants. Leur premier-nĂ©, un fils, a Ă©tĂ© heurtĂ© et tuĂ© par une voiture en bas Ăąge.

En 1985, Catherine quitte sa famille et reprend sa relation avec David. Le couple ne s’est jamais mariĂ© lĂ©galement, mais Catherine a changĂ© son nom de famille par acte notariĂ©.

Sur une pĂ©riode de cinq semaines, les Birnie ont enlevĂ© cinq femmes et filles ĂągĂ©es de 15 Ă  31 ans. Toutes les victimes, sauf une, ont Ă©tĂ© violĂ©es Ă  la rĂ©sidence du couple, Ă  ce fameux 3, rue Moorhouse, puis assassinĂ©es. La seule exception a Ă©tĂ© leur derniĂšre victime, qui s’est Ă©chappĂ©e le lendemain de son enlĂšvement et a ramenĂ© la police Ă  la maison de Birnie, mettant ainsi fin Ă  leur sĂ©rie de crimes.
Leurs victimes furent Mary Neilson, Susannah Candy, Noelene Patterson, Denise Brown et Kate Moir. Étudiantes, lycĂ©ennes, elles sont soit tombĂ©es en panne d’essence, rentraient seules de nuit et on Ă©tĂ© sĂ©duites par la gentillesse du couple (qui proposait gentiment de les ramener chez elle en voiture) ou directement menacĂ©es au couteau. Bref !

Rien de trĂšs glorieux, rĂ©jouissant ou d’enthousiasmant, sauf pour les plus psychopathe les sadiques.
Mais évidemment, voir un tel film permet de devenir un voyeur malsain le temps du visionnage.

Jusqu’ici, j’ai plutĂŽt fait un exposĂ© qu’une critique, mais je pense que c’était essentiel de situer tout le contexte.

Bien sĂ»r, c’est facile de dĂ©tester un tel film si on ne sait rien dessus. On peut se dire que ce n’est pas original, que les dialogues sont plats, que l’histoire a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vu
 et c’est bien ça le problĂšme !!!

J’ai l’impression que les gens ne font plus la diffĂ©rence entre la fiction et la rĂ©alitĂ©. MĂȘme si quelqu’un se fait tuer devant eux, dans la rue, ils sont capables de dire que c’est du dĂ©jĂ  vu Ă  la tĂ©lĂ© et qu’il n’y a rien d’excitant lĂ -dedans !

DĂ©solĂ©, mais on ne peut pas crĂ©er des dialogues qui n’ont pas eu lieu dans un film tirĂ© d’histoires vraies ! Certes, il faut rajouter une touche pour que ça reste un film avec sa magie cinĂ©matographique. Mais du moment qu’on sait que de telles atrocitĂ©s se sont passĂ©es et se passent encore, c’est ce qui devrait faire rĂ©flĂ©chir et non pas le fait de se demander comment on pourrait faire mieux. Ahh la la
 les gens me dĂ©sespĂšrent. Vraiment !

Alors ce n’est pas non plus un crime de dĂ©tester ce film !
Si une histoire rĂ©elle crĂ©e pour vous un scĂ©nario vide, partant sur une bonne idĂ©e de dĂ©part, avec des scĂšnes d’horreur non filmĂ©es, n’est pas ce que vous recherchez, vous pouvez passer votre chemin. On ne vous en voudra pas ! Vous allez trouver ça mal foutu, peu spectaculaire, manquant de gore, tout en admettant (si vous avez un brin de jugeote et de cƓur) que tout ceci partait, une fois de plus, d’une bonne intention de rĂ©alisation.

Je ne sais pas Ă  quel point le film est fidĂšle et Ă  quel point le couple ressemble ou ne ressemble pas au vrai
 mais le jeu des acteurs est indĂ©niable, presque impossible d’y trouver une dĂ©ficience, et la rĂ©alisation est trĂšs bonne.

En ce qui me concerne, le rythme est brillamment choisi. Ben Young a su imposer une intrigue haletante et glauque Ă  la fois. Il parvient mĂȘme Ă  rendre ses ignobles protagonistes empathiques par moment. Pendant prĂšs de deux heures nous sommes sur nos gardes tout en Ă©tant vivement plongĂ©s dans l’histoire. Impossible non plus de savoir ce qui se passera vraiment ensuite. Ce genre de mises en scĂšne envoĂ»tantes se font rares dans le cinĂ©ma actuel.

PS : Si jamais, la chanson de Kate Bush ne figure pas au film !

Rating: 4 out of 5.

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