Titre original : Sharp Corner
Film assez original avec un concept intéressant. Une famille déménage pour venir habiter dans une maison qui a de la peine à se faire louer ou acheter.
Il y a une scÚne de sexe dans les sept premiÚre minutes. Assez excitante, naturelle et spontanée, elle est cependant interrompue de maniÚre assez brutale, mais intéressante. Et tout ceci annonce la couleur pour la suite !
Un long-mĂ©trage qui montre bien les problĂšmes, les tensions de couple, bien que tout avait lâair dâĂȘtre harmonieux au dĂ©but. Parfois, il suffit de peu pour que tout bascule, que tout se mette Ă chavirer. Si cela nâarrive pas dâun coup, on peut quand mĂȘme se trouver sur une pente descendante qui va enliser la situation gĂ©nĂ©rale.
Pas facile de concilier vie de couple avec vie de famille. Avoir un enfant change complĂštement la dynamique. Cela signifie quâil faut tout le temps faire la discipline et ĂȘtre prĂ©parĂ© Ă ĂȘtre dĂ©fiĂ© et dĂ©sobĂ©i. Chaque parent veut faire de son mieux, mais les papas et les mamans ont tellement des visions diffĂ©rentes de la parentalitĂ© quâil est difficile de les concilier. Et la fatigue empĂȘche dâavoir lâesprit clair et laisse libre cours aux irritations qui dĂ©bouchent sur les disputes.
Ă quel moment faut-il consulter lâautre ? Faut-il toujours le faire ou pas ? Faut-il automatiquement prĂ©venir le conjoint que lâenfant a Ă©tĂ© inscrit Ă un cours de musique ou de sport ? Est-ce que tout est vraiment sujet de dĂ©bat ? Est-ce quâun parent Ă le droit de faire un ou plusieurs choix pour lâenfant tout seul ?
Quâon ait rĂ©ponse ou pas Ă ces questions dans un film nâest pas le plus important. Ce nâest pas une seule Ćuvre dâart ou un seul livre qui donnera toutes les solutions ! Il faut du temps, de lâexpĂ©rience, des avis diffĂ©rents. Il faut aussi de lâintrospection, de la compassion, de lâouverture, de lâempathie⊠mais oĂč trouver lâĂ©nergie pour tout ça ? Surtout si on dĂ©teste son travail et son chef intransigeant et pas trĂšs humaniste !
On a beau faire de notre mieux, mais on nâa jamais lâimpression que câest suffisant. On pense rĂ©guliĂšrement tout faire de travers, que quoi que lâon fasse, câest toujours la catastrophe.
Oui, la vie est un vĂ©ritable calvaire pour pas mal de monde. Et on se sent rapidement bloquĂ©, perdu, prisonnier. Pourtant, on a toujours le choix. Sommes-nous si nombreux Ă avoir fait les mauvais choix ? Et si la nostalgie sâempare de nous, cela signifie quâune certaine Ă©poque nous manque et quâon a probablement Ă©tĂ© plus heureux avant ! Ou alors câest juste une impression. On a pas souvent lâimpression dâĂȘtre heureux, mais quand notre vie sâenvenime et se dĂ©grade, on se dit quâavant, ce nâĂ©tait pas si mal. Et câest lĂ quâon comprend lâimportance du moment prĂ©sent. Si avant câĂ©tait mieux, câest quâaprĂšs ce sera pire. Donc⊠maintenant, câest pas si mal !
Bien ! Je vois que ce film me fait philosopher, mais toute cette psychologie est intéressante aussi. Ces personnages sont si familiers. La classe moyenne se reconnaßtra aisément en eux.
Le film montre aussi ce quâun traumatisme peut crĂ©er. Oui, parce que sâil y a traumatisme, lâenfer peut devenir encore plus cauchemardesque. Et cela peut aussi mener Ă certaines obsessionsâŠ
Dâailleurs, je suis assez fascinĂ© par ces histoires oĂč quelquâun devient totalement obsĂ©dĂ© par quelque chose. Je pense notamment Ă The Pledge (2001) qui nâest pas forcĂ©ment excellent, mais qui mâa aussi fait rĂ©flĂ©chir et qui mâa marquĂ©.
Ben Foster se trouve Ă©galement dans lâun des meilleurs film de cette annĂ©e 2025 : Christy !
Un film de boxe que jâai adorĂ©. Mais je constate quâil est abonnĂ© Ă des rĂŽles dĂ©rangeants. Encore un acteur qui nâa peur de rien et quâon retrouve lĂ oĂč on ne lâattend pas. Il a souvent eu des premiers rĂŽles en tout genre. Il a lui-mĂȘme jouĂ© un boxeur dans The Survivor, un cycliste dopĂ© ayant combattu le cancer dans The Program, un pĂšre atypique qui vit avec sa fille en forĂȘt dans Leave No TraceâŠ
Bref ! Il nâest pas forcĂ©ment dans des films trĂšs connus, mais il sait ce quâil fait et sait choisir ses films.
Quel plaisir de voir Cobie Smulders dans un rĂŽle principal. Il me semble que câest assez rare. Jâai bien envie de voir sa sĂ©rie Stumptown oĂč elle se reconvertit en dĂ©tective privĂ©e. Jâavais dĂ©couvert cet actrice dans How I Met Your Mother et je lâavais trouvĂ© excellente⊠mais je nâavais trop aimĂ© la sĂ©rie et je lâavais vite laissĂ© tomber. Puis, jâĂ©tais content de la revoir dans pas mal de films Marvel, mais rarement dans des grands rĂŽles.
Ces deux acteurs jouent des rĂŽles trĂšs humains, câest-Ă -dire quâon voit leur divers facettes, de la plus agrĂ©able Ă la plus dĂ©testable.
Il y a des dialogues fabuleux, parfois improbables !
Du genre : «Ton fils a vu quelquâun mourir ?
- Oh non ! Il Ă©tait dĂ©jĂ mort⊠brĂ»lĂ© vifâŠÂ»
Qui sont les vraies bonnes personnes ? LâEnfer est pavĂ© de bonnes intentions, dâaccord. Mais est-ce quâon peut conclure que les mauvaises intentions peuvent mener au Paradis ? Les personnes dĂ©testables ont souvent leurs raisons, que cela soit conscient de leur part ou pas.
Pour quelle raison fait-on certaines activitĂ©s ? Est-ce que quelquâun qui va commencer les arts martiaux va rĂȘver de se faire attaquer pour tester lâefficacitĂ© ? Par simple ego ? Acheter une arme, est-ce pour faire du tir, avoir de quoi se dĂ©fendre⊠ou espĂ©rer que quelquâun soit assez dĂ©rangeant pour lâavoir dans sa ligne de mire ?
Jâose espĂ©rer que quand les gens prennent des cours de secouristes, en vue dâavoir leur permis de conduire, cela ne les fait pas fantasmer Ă quelques accidents ! Faire de la prĂ©vention, oui, mais ĂȘtre susceptible de crĂ©er une catastrophe pour pouvoir mettre son acquis Ă exĂ©cution est dĂ©finitivement une preuve de dĂ©sĂ©quilibre mental. Et le film montre comment on peut sombrer dans la folie.
Je peux comprendre les gens qui diront quâil ne se passe rien dans ce film, que lâhistoire est ridicule et quâil nây a pas de fin (un genre de «Tout ça pour ça ???»). Câest sĂ»r quâici, suite au dĂ©mĂ©nagement, il nây a pas des psychopathes qui vont faire du “home invasion”, il nây a pas dâesprit ou de secrets de famille cachĂ©s qui ressortent. On nâa pas forcĂ©ment besoin de tout ça pour faire une histoire intrigante, voire captivante. Mais câest une question de ressenti ou de sensibilitĂ©. Les problĂšmes de tout le monde ne peuvent pas nous toucher sans un minimum d’ouverture d’esprit.
Jâai vu que ça a Ă©tĂ© classĂ© sous Thriller, mais Ă©galement sous ComĂ©die. Je suis presque sĂ»r que ces gens nâont pas visionnĂ© Virage Fatal. Il nây a rien qui fait rire, ici, si ce nâest lâabsurde de la situation. Je suis navrĂ© de ne pas forcĂ©ment adhĂ©rer aux vingt derniĂšres minutes. Pourtant, jâai adorĂ© ce film pendant plus dâune heure vingt. Mais il sâest soudain passĂ© ce que jâaurais espĂ©rĂ© quâil ne se passe pas. Et mĂȘme si un film est censĂ© nous surprendre et nous faire passer par plein de phases, il y a quand mĂȘme une sacrĂ©e retombĂ©e dans la seconde partie comparĂ© Ă la premiĂšre. Cela nâempĂȘche pas cette fin de me travailler, quand mĂȘme, malgrĂ© le fait que ça finit un peu en queue de poisson.
DerniÚre question : à quel point faut-il guérir le mal par le mal ?
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