Virage Fatal (2025)

Titre original : Sharp Corner

Film assez original avec un concept intéressant. Une famille déménage pour venir habiter dans une maison qui a de la peine à se faire louer ou acheter.

Il y a une scĂšne de sexe dans les sept premiĂšre minutes. Assez excitante, naturelle et spontanĂ©e, elle est cependant interrompue de maniĂšre assez brutale, mais intĂ©ressante. Et tout ceci annonce la couleur pour la suite !

Un long-mĂ©trage qui montre bien les problĂšmes, les tensions de couple, bien que tout avait l’air d’ĂȘtre harmonieux au dĂ©but. Parfois, il suffit de peu pour que tout bascule, que tout se mette Ă  chavirer. Si cela n’arrive pas d’un coup, on peut quand mĂȘme se trouver sur une pente descendante qui va enliser la situation gĂ©nĂ©rale.

Pas facile de concilier vie de couple avec vie de famille. Avoir un enfant change complĂštement la dynamique. Cela signifie qu’il faut tout le temps faire la discipline et ĂȘtre prĂ©parĂ© Ă  ĂȘtre dĂ©fiĂ© et dĂ©sobĂ©i. Chaque parent veut faire de son mieux, mais les papas et les mamans ont tellement des visions diffĂ©rentes de la parentalitĂ© qu’il est difficile de les concilier. Et la fatigue empĂȘche d’avoir l’esprit clair et laisse libre cours aux irritations qui dĂ©bouchent sur les disputes.

À quel moment faut-il consulter l’autre ? Faut-il toujours le faire ou pas ? Faut-il automatiquement prĂ©venir le conjoint que l’enfant a Ă©tĂ© inscrit Ă  un cours de musique ou de sport ? Est-ce que tout est vraiment sujet de dĂ©bat ? Est-ce qu’un parent Ă  le droit de faire un ou plusieurs choix pour l’enfant tout seul ?

Qu’on ait rĂ©ponse ou pas Ă  ces questions dans un film n’est pas le plus important. Ce n’est pas une seule Ɠuvre d’art ou un seul livre qui donnera toutes les solutions ! Il faut du temps, de l’expĂ©rience, des avis diffĂ©rents. Il faut aussi de l’introspection, de la compassion, de l’ouverture, de l’empathie
 mais oĂč trouver l’énergie pour tout ça ? Surtout si on dĂ©teste son travail et son chef intransigeant et pas trĂšs humaniste !

On a beau faire de notre mieux, mais on n’a jamais l’impression que c’est suffisant. On pense rĂ©guliĂšrement tout faire de travers, que quoi que l’on fasse, c’est toujours la catastrophe.

Oui, la vie est un vĂ©ritable calvaire pour pas mal de monde. Et on se sent rapidement bloquĂ©, perdu, prisonnier. Pourtant, on a toujours le choix. Sommes-nous si nombreux Ă  avoir fait les mauvais choix ? Et si la nostalgie s’empare de nous, cela signifie qu’une certaine Ă©poque nous manque et qu’on a probablement Ă©tĂ© plus heureux avant ! Ou alors c’est juste une impression. On a pas souvent l’impression d’ĂȘtre heureux, mais quand notre vie s’envenime et se dĂ©grade, on se dit qu’avant, ce n’était pas si mal. Et c’est lĂ  qu’on comprend l’importance du moment prĂ©sent. Si avant c’était mieux, c’est qu’aprĂšs ce sera pire. Donc
 maintenant, c’est pas si mal !

Bien ! Je vois que ce film me fait philosopher, mais toute cette psychologie est intĂ©ressante aussi. Ces personnages sont si familiers. La classe moyenne se reconnaĂźtra aisĂ©ment en eux.

Le film montre aussi ce qu’un traumatisme peut crĂ©er. Oui, parce que s’il y a traumatisme, l’enfer peut devenir encore plus cauchemardesque. Et cela peut aussi mener Ă  certaines obsessions


D’ailleurs, je suis assez fascinĂ© par ces histoires oĂč quelqu’un devient totalement obsĂ©dĂ© par quelque chose. Je pense notamment Ă  The Pledge (2001) qui n’est pas forcĂ©ment excellent, mais qui m’a aussi fait rĂ©flĂ©chir et qui m’a marquĂ©.

Ben Foster se trouve Ă©galement dans l’un des meilleurs film de cette annĂ©e 2025 : Christy !
Un film de boxe que j’ai adorĂ©. Mais je constate qu’il est abonnĂ© Ă  des rĂŽles dĂ©rangeants. Encore un acteur qui n’a peur de rien et qu’on retrouve lĂ  oĂč on ne l’attend pas. Il a souvent eu des premiers rĂŽles en tout genre. Il a lui-mĂȘme jouĂ© un boxeur dans The Survivor, un cycliste dopĂ© ayant combattu le cancer dans The Program, un pĂšre atypique qui vit avec sa fille en forĂȘt dans Leave No Trace

Bref ! Il n’est pas forcĂ©ment dans des films trĂšs connus, mais il sait ce qu’il fait et sait choisir ses films.

Quel plaisir de voir Cobie Smulders dans un rĂŽle principal. Il me semble que c’est assez rare. J’ai bien envie de voir sa sĂ©rie Stumptown oĂč elle se reconvertit en dĂ©tective privĂ©e. J’avais dĂ©couvert cet actrice dans How I Met Your Mother et je l’avais trouvĂ© excellente
 mais je n’avais trop aimĂ© la sĂ©rie et je l’avais vite laissĂ© tomber. Puis, j’étais content de la revoir dans pas mal de films Marvel, mais rarement dans des grands rĂŽles.

Ces deux acteurs jouent des rĂŽles trĂšs humains, c’est-Ă -dire qu’on voit leur divers facettes, de la plus agrĂ©able Ă  la plus dĂ©testable.

Il y a des dialogues fabuleux, parfois improbables !
Du genre : «Ton fils a vu quelqu’un mourir ?

  • Oh non ! Il Ă©tait dĂ©jĂ  mort
 brĂ»lĂ© vif »

Qui sont les vraies bonnes personnes ? L’Enfer est pavĂ© de bonnes intentions, d’accord. Mais est-ce qu’on peut conclure que les mauvaises intentions peuvent mener au Paradis ? Les personnes dĂ©testables ont souvent leurs raisons, que cela soit conscient de leur part ou pas.

Pour quelle raison fait-on certaines activitĂ©s ? Est-ce que quelqu’un qui va commencer les arts martiaux va rĂȘver de se faire attaquer pour tester l’efficacitĂ© ? Par simple ego ? Acheter une arme, est-ce pour faire du tir, avoir de quoi se dĂ©fendre
 ou espĂ©rer que quelqu’un soit assez dĂ©rangeant pour l’avoir dans sa ligne de mire ?

J’ose espĂ©rer que quand les gens prennent des cours de secouristes, en vue d’avoir leur permis de conduire, cela ne les fait pas fantasmer Ă  quelques accidents ! Faire de la prĂ©vention, oui, mais ĂȘtre susceptible de crĂ©er une catastrophe pour pouvoir mettre son acquis Ă  exĂ©cution est dĂ©finitivement une preuve de dĂ©sĂ©quilibre mental. Et le film montre comment on peut sombrer dans la folie.

Je peux comprendre les gens qui diront qu’il ne se passe rien dans ce film, que l’histoire est ridicule et qu’il n’y a pas de fin (un genre de «Tout ça pour ça ???»). C’est sĂ»r qu’ici, suite au dĂ©mĂ©nagement, il n’y a pas des psychopathes qui vont faire du “home invasion”, il n’y a pas d’esprit ou de secrets de famille cachĂ©s qui ressortent. On n’a pas forcĂ©ment besoin de tout ça pour faire une histoire intrigante, voire captivante. Mais c’est une question de ressenti ou de sensibilitĂ©. Les problĂšmes de tout le monde ne peuvent pas nous toucher sans un minimum d’ouverture d’esprit.

J’ai vu que ça a Ă©tĂ© classĂ© sous Thriller, mais Ă©galement sous ComĂ©die. Je suis presque sĂ»r que ces gens n’ont pas visionnĂ© Virage Fatal. Il n’y a rien qui fait rire, ici, si ce n’est l’absurde de la situation. Je suis navrĂ© de ne pas forcĂ©ment adhĂ©rer aux vingt derniĂšres minutes. Pourtant, j’ai adorĂ© ce film pendant plus d’une heure vingt. Mais il s’est soudain passĂ© ce que j’aurais espĂ©rĂ© qu’il ne se passe pas. Et mĂȘme si un film est censĂ© nous surprendre et nous faire passer par plein de phases, il y a quand mĂȘme une sacrĂ©e retombĂ©e dans la seconde partie comparĂ© Ă  la premiĂšre. Cela n’empĂȘche pas cette fin de me travailler, quand mĂȘme, malgrĂ© le fait que ça finit un peu en queue de poisson.

DerniĂšre question : À quel point faut-il guĂ©rir le mal par le mal ?

Rating: 3.5 out of 5.


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