À ne pas confondre avec le livre de Ron Schwab, ni avec celui d’Armelle Evieux !
Si jamais, le titre original est “The Long Walk” qui signifie La Longue Marche
J’ai une longue histoire avec ce livre. Il a été écrit en 1979. Il a fallu vingt ans pour que j’en entende parler. En effet, en 1999, un ami de l’époque m’avait parlé de ce livre, mais aussi de La Peau sur les Os (Thinner). Il m’avait résumé l’histoire et ça m’a donné très envie de le lire ! Pourtant, je ne l’ai pas lu pendant plusieurs années avant d’enfin me lancer en 2018. Je l’ai adoré… et il a fallu encore attendre 2026 pour que j’écrive ma critique.
J’avais lu Cujo en 1997, sauf erreur. Au début des années 2020, un autre ami venait de le lire. Et quand on en a parlé, il a eu l’impression que je venais de le lire, tant je me souvenais de certains détails. Du coup, on va compter sur ma mémoire pour cette critique-ci aussi.
Un centaine de jeunes doivent participer à une marche très spéciale. Ils doivent marcher jusqu’à l’épuisement total. Dès que quelqu’un ne peut plus marcher, il est exécuté. Si certains essaient de s’échapper, ils se font également abattre. Et le but est qu’il n’en reste qu’un…
Voilà ! La couleur est annoncée. L’horreur ne fait que commencer !
Évidemment, le fait que le film The Long Walk/Marche ou crève (2025) soit sorti joue un grand rôle dans le fait que c’est un peu le dernier moment pour écrire ma critique. J’aimerais que les gens aient le souvenir du livre et pas seulement des personnages à l’écran. Je n’ai pas vu ce film, car je veux absolument rassembler mes souvenirs que mon imagination avaient créés avant de les mélanger à de vrais souvenirs visuels.
Stephen King est régulièrement critiqué pour son style familier, son recours au gore et la longueur jugée excessive de certains de ses romans. À l’inverse, son sens de la narration, ses personnages vivants et colorés, et sa faculté à jouer avec les peurs des lecteurs sont salués.
Ce livre est le second qu’il avait écrit sous le pseudonyme de Richard Bachman, juste après Rage (1977). Il a eu d’autres pseudo comme John Swithen ou encore Beryl Evans. Il a écrit sept livres sous le nom Richard Bachman. Celui-ci avait été publié en édition de poche en juillet 1979. Écrit dix ans auparavant, c’est un récit dystopique dans lequel les États-Unis sont devenus une dictature militaire et où une grande marche réunissant cent jeunes gens est organisée annuellement, la fortune étant promise au dernier marcheur survivant. Il est souvent considéré comme le meilleur roman publié sous le pseudonyme de Bachman. Il est sorti juste avant Dead Zone (aussi 1979, du coup).
Dead Zone a, lui, été écrit sous son vrai nom. En fait, King n’avait pas le droit de sortir plus d’un livre par an et avait de la peine avec la pression médiatique. On raconte aussi qu’il manquait de confiance et qu’il s’était dit que les gens n’achètent ses livres que parce qu’il y avait son nom dessus. Pourtant, un critique littéraire s’était bien fait avoir par le pseudo Richard Bachman et avait même écrit que le roman «aurait pu être écrit par Stephen King si celui-ci savait écrire». C’est pour dire !
Ce livre a des longueurs, certes ! Mais je l’ai quand même adoré. Il a ses défauts et la fin (assez poétique et artistique) n’est pas très claire. Elle laisse une grande part à l’imagination et à l’interprétation. Ce qui n’est pas le cas du film, apparemment. Le film et le livre ont probablement des fins différentes d’après ce que je lis ou entends.
En lisant et en terminant cette histoire, j’espérais qu’il n’y aurait jamais de film dessus. Mais force est de constater que ce genre de souhait ne reste pas longtemps réalisable. Il fallait que ce soit fait un jour, d’une manière ou d’une autre. Mais je ne pense pas que Francis Lawrence ait été un choix judicieux en tant que réalisateur. Connu déjà pour des Hunger Games, il a donc pas mal collaboré avec Jennifer Lawrence, aussi sur Red Sparrow (2017) qui est catastrophique. Je ne sais plus ce que vaut son I Am Legend (2007), mais il ne m’avait pas laissé un souvenir intarissable.
Non, le meilleur aurait évidemment été Frank Darabont qui avait fait trois chefs-d’œuvre en adaptant The Shawshank Redemption (1995), The Green Mile (1999) et The Mist (2007). Hélas, depuis 2010, il n’est plus trop actif sur les long-métrages, mais plutôt pour des séries. Et, encore, il n’en fait vraiment pas beaucoup…
À noter que David Cronenberg avait fait une magnifique adaptation de Dead Zone (1983). The Long Walk et Dead Zone sont plus que jamais d’actualité aujourd’hui !
Un roman d’anticipation et un thriller psychologique. Je me demande comment certains écrivains, musiciens ou artistes en tous genres peuvent être aussi avant-gardistes. King décrit la téléréalité bien avant qu’elle ne soit vraiment créée. Un bon observateur qui avait aussi prédit qu’un nouveau dictateur viendra au pouvoir ou qu’un virus fera parler de lui comme dans Le Fléau (The Stand).
Ce livre est captivant. Je n’ai jamais oublié le nom de son personnage principal, Garraty. Il m’a accompagné encore plusieurs jours après avoir terminé le bouquin. J’avais mal pour lui. J’avais souffert avec lui. C’était devenu mon ami l’espace d’une histoire.
Stephen King arrive à nous montrer les pires horreurs, mais il arrive à se faire pardonner, car il a la sensibilité qu’il faut pour avoir conscience de l’atrocité qu’il montre. Il arrive même à faire rire en montrant les pires choses. Il m’a fait transpirer de peur avec Misery (1987), il m’a fait pleurer à chaudes larmes dans Firestarter (Charlie).
Oui, j’ai ressenti beaucoup d’émotion. Il y a des passages que j’ai lu plusieurs fois, des moments forts qui m’ont serré la gorge, des moments de dégoût ou je n’ai pas pu détourner les yeux comme quand je regarde un écran. On ne peut pas sauter les mots dans un livre. Ou alors, il faut vraiment avoir une grande capacité pour se passer de ce qu’on n’a pas lu.
Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, The Long Walk (Marche ou crève) est indispensable. Et, très franchement, peu m’importe ce que disent les profs de français, les gens qui n’aiment pas lire, ceux qui n’aiment pas l’horreur ou qui n’aiment que la littérature française.
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