Pirouette Fatale / Pretty Lethal (2026)

Film américano-britannique présenté au festival South by Southwest avant une diffusion mondiale sur Prime Video.

Et encore un film sur les danseuses de ballet. Il y a eu Suspiria (1977) et son remake de 2018, on a eu affaire au trÚs bon Black Swan (2010) et au relativement raté Abigail (2024).
Alors que vaut cette pirouette fatale ?

Déjà, est-ce un film féministe ? En tout cas, le scénario est écrit par Kate Freund, les personnages principaux sont féminins et la réalisatrice est Vicky Jewson, une scénariste, productrice et réalisatrice anglaise.

D’aprĂšs WikipĂ©dia, Jewson est nĂ©e Ă  Oxford, oĂč elle vit encore. Elle s’est intĂ©ressĂ©e Ă  faire des films quand elle Ă©tait enfant et a suivi un cours de cinq jours avec les Oxford Film and Video Makers Ă  l’Ăąge de 16 ans. Elle dirige la sociĂ©tĂ© de production Jewson Film avec le producteur Rupert Whitaker, qui est aussi devenu son conjoint.

On sait que dans ce film, on va voir des mouvements gracieux, mais surtout des filles qui savent marcher sur la pointe des pieds et ça me fait toujours mal, rien que de voir ça, tout en crĂ©ant une sacrĂ©e admiration pour ce talent, sans doute, douloureux. Car c’est tout un travail acharnĂ© et je pense que les pieds doivent trĂšs souvent ressortir en compote.

Une autre question qu’on peut se poser est : est-ce qu’on va avoir affaire Ă  des danseuses soudĂ©es ? Ou plutĂŽt rivale ? Est-il possible d’avoir un groupe de filles dans lequel aucune ne sĂšme la zizanie ? Je vous rassure, on a trĂšs rapidement la rĂ©ponse. DĂšs la premiĂšre scĂšne !

En voyant l’actrice principale, Maddie Ziegler, j’ai immĂ©diatement pensĂ© Ă  Cillian Murphy. Tout est dans ce regard bleu perçant ! Je ne serais pas surpris si je dĂ©couvrais un lien de parentĂ© entre les deux. Maddie est vraiment danseuse et c’est sa premiĂšre activitĂ©. sinon, elle est aussi mannequin.

Bien ! Je pense que vous savez que ce film est une boucherie ? Non, si vous pensiez que ce serait une comĂ©die romantique, vous pouvez dĂ©jĂ  rebrousser chemin, car je pense que vous vous ĂȘtes trompĂ© de salle !

La premiĂšre vraie victime du film m’a dĂ©chirĂ© le cƓur. C’est la personne la plus cool, apaisante, adorable, sympathique et Ă©quilibrĂ©e qui se fait dĂ©gommer en premier.

Il y a le fameux coup de pied dans les burnes qui est mis en valeur et qui est considĂ©rĂ© comme LA solution face Ă  un agresseur. Sauf que s’il est vraiment dangereux, ça peut clairement aggraver la situation !

Le titre du film apparaüt au bout de 18 minutes et 18 secondes. Non, ce n’est pas un gag ! Dùs que l’horreur de la situation sans espoir nous apparaüt comme un coup de poing.

La responsable de cet espĂšce d’hĂŽtel miteux ressemble Ă  Uma Thurman ! En fait
 c’est vraiment elle !!! Je ne m’attendais tellement pas Ă  la voir que j’ai eu de la peine Ă  le croire. Bonne actrice, mais qui se perd trĂšs rĂ©guliĂšrement dans de mauvais long-mĂ©trages.

«T’es une danseuse et tu ne t’es jamais fait vomir ???» est une phrase mystique !

Encore un film qui donne une mauvaise image d’un pays d’Europe de l’Est. Du coup, les europĂ©ens vont encore se plaindre et dire que, une fois, de plus, ce sont toujours les gentils amĂ©ricains contre les mĂ©chants du reste du monde. Ils vont Ă©videmment aussi critiquer le fait que l’équipe comporte des amĂ©ricaines, mais aussi une indienne, une asiatique
 et une sourde ! Du coup, question lĂ©gitime : le problĂšme ne viendrait-il pas un peu des europĂ©ens aussi ? Surtout s’ils ne voient que ce genre de choses. Ça en dit long sur leur mentalitĂ© aussi ! Il est temps de changer et de passer Ă  autre chose, il me semble. Il faudrait que les Blancs rĂ©acs sexistes changent de disque.

Ce film est extrĂȘmement brutal, mais cette violence est malheureusement devenue la norme dans ce genre de film aujourd’hui. Il y a les coups d’armes blanches rĂ©pĂ©tĂ©s et pas seulement sur le corps, mais aussi sur le visage de temps en temps qui sont devenus trĂšs Ă  la mode. Il y a des scĂšnes de torture. Oui, ce n’est pas parce qu’on a l’habitude d’en voir qu’il n’y en a pas ! Et l’humour y est souvent trĂšs noir. En fait, le peu de bon humour qu’il reste se noie dans le malsain et le gore.

Le film a de la peine Ă  choisir entre le sĂ©rieux et le comique ce qui le fait perdre les pĂ©dales et rater sur les deux tableaux. Ce n’est pas clairement une comĂ©die horrifique. Non, c’est pas Ă©vident de faire d’excellent films comme What We Do In The Shadows (2014), Shaun of the Dead (2004), Scream (1996), Zombieland (2009) ou encore Bodies Bodies Bodies (2022).

Il y a une trĂšs bonne intro dans ce film, mais tout le reste se casse la figure. C’est sympa de voir les dĂ©lires que l’on peut avoir sous drogue, la dĂ©couverte d’un tĂ©lĂ©phone Ă  cadran par la Gen Z, ces moments oĂč la danse se mĂȘle au combat et rend les chorĂ©graphies un peu plus gracieuses.

BourrĂ© d’incohĂ©rences, lĂ , on peut vraiment dire qu’on prend le spectateur dĂ©jĂ  lobotomisĂ© pour un imbĂ©cile. On croit qu’on peut tout lui faire avaler. La sourde ne peut communiquer qu’avec sa sƓur et pourtant, quand ça arrange tout le monde (rĂ©alisatrice, scĂ©nariste), tout le monde la comprend. Une fois de plus, on assiste Ă  de simples ballerines devenues des pros en art martiaux qui arrivent Ă  combattre les pires criminels expĂ©rimentĂ©s.

Les moments touchants de la fin arrivent trop tard. On aura dĂ©jĂ  dĂ©crochĂ© depuis longtemps et ça nous passera au-dessus. Le gĂ©nĂ©rique de fin est sympa aussi, mais la musique qui l’accompagne est samplĂ©e sur base d’un tube des 80s, Rappers Delight, et c’est une fille qui chante
 mais pas en Rap. Les temps changent, c’est sĂ»r !

Critiquer un film oĂč il n’y a que des Ă©tranger nous fait rapidement passer pour un raciste. Dans le cas prĂ©sent, critiquer un film créé par des femmes avec des femmes nous fait rapidement passer pour un machiste. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour dĂ©fendre un mauvais film sous de faux prĂ©texte !

Avec ce film, on salit encore de belles choses : la danse, le ballet. Exactement de la mĂȘme maniĂšre qu’on est en train de faire des films d’horreur mettant en scĂšne les personnages de Walt Disney comme Mickey, Winnie l’ourson, Bambi, etc. on vit vraiment une Ă©poque nĂ©faste.

Pas grand-chose Ă  sauver dans ce dĂ©lire qui fait honte au cinĂ©ma. Difficile de rire avec le film. J’ai plutĂŽt ri du film, surtout dans les moments censĂ©s ĂȘtre larmoyants. Je pourrais encore le descendre pendant des heures, mais Pretty Lethal m’a dĂ©jĂ  fait perdre assez de temps comme ça.

ComplĂštement irrĂ©aliste et pathĂ©tique, mais heureusement que le ridicule ne tue pas
 pour l’instant !

Rating: 1 out of 5.


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