American History X (1998) Ă travers lâhistoire dâune famille amĂ©ricaine, ce film tente dâexpliquer lâorigine du racisme et de lâextrĂ©misme aux ĂtatsâUnis. Il raconte lâhistoire de Derek, qui, voulant venger la mort de son pĂšre, abattu par un dealer noir, a Ă©pousĂ© les thĂšses racistes dâun groupuscule de militants dâextrĂȘme droite et sâest mis au service de son leader, brutal thĂ©oricien prĂŽnant la suprĂ©matie de la race blanche. Ces thĂ©ories le mĂšneront Ă commettre un double meurtre entraĂźnant son jeune frĂšre, Danny, dans la spirale de la haine. Car câest bien de cela quâil est question : de haine ! Et ce long-mĂ©trage en montre les plus grandes dĂ©rives. Peu de films font cet effet. Vraiment cet effet. Ceci est un vĂ©ritable film coup de poing. Poignant, Ă©mouvant, effrayant, insupportable par moment, terrifiant, touchantâŠ
On peut rajouter une sĂ©rie d’adjectifs, aussi bien contradictoire que similaire, ils seront tous en accord avec ce film. Il y a trĂšs peu de scĂšnes qui ne soient pas ultra puissantes. Et la musique vient relever et donner lâimpact au bon moment. Ăa prend au tripes ou alors ça fait monter les larmes. Jâavais vu ce film il y a 25 ans. On mâen avait parlĂ© et on mâavait prĂ©venu de lâune des scĂšnes les plus choquantes du cinĂ©ma. Et ça mâa peut-ĂȘtre protĂ©gĂ©, Ă quelque part, car je ne sais pas comment jâaurais rĂ©agi si je ne savais pas du tout ce qui allait se passer. Une des ces scĂšnes qui mâont marquĂ© Ă vie…
D’habitude, quand jâai vu un film longtemps auparavant, il me fait le mĂȘme effet. Si jâai dĂ©testĂ© un film, je ne vais pas lâadorer en le revoyant 20 ans plus tard. Tandis quâici, non seulement je lâavais beaucoup aimĂ© Ă lâĂ©poque, mais aujourdâhui, je ne peux que le considĂ©rer comme un chef-dâĆuvre, malgrĂ© son atrocitĂ©. Sans doute dĂ» Ă mon parcours, mon expĂ©rience de vie, ainsi qu’au grand nombre de films que j’ai visionnĂ© depuis. Les messages vĂ©hiculĂ©s passent trĂšs clairement et parfaitement bien. Le scĂ©nario est en bĂ©ton armĂ©. La rĂ©alisation, signĂ©e par Tony Kaye, est impeccable. La tension est palpable tout le long de lâhistoire. Les ralentis rajoutent vraiment de la perfection (pas comme dans les films oĂč les hĂ©ros courent au ralenti devant des explosions !) Et le jeu dâacteur est Ă©poustouflant.
Oui, tous les acteurs sont extraordinaires, ici. Un film qui rĂ©unit deux Edward incroyables ! Edward Norton est un acteur qui nâa rien Ă prouver depuis longtemps, surtout aprĂšs avoir donnĂ© de telles performances dans les mythiques Peur Primale (1996), Fight Club (1999) et ici, bien sĂ»r ! Mais il ne sâest pas relĂąchĂ© dans les annĂ©es 2000, ni maintenant, comme lâon dĂ©montrĂ©s Dragon Rouge (2002), 24 heures avant la nuit (aussi 2002), Stone (2010), BeautĂ© cachĂ©e (2016) et, pour moi ce fut Ă©galement un plaisir de le retrouver en Hulk (2008). Nâoublions pas quâil Ă©tait dans le sympathique Au nom d’Anna (2000) en tant qu’acteur et rĂ©alisateur. Il a aussi donnĂ© sa voix Ă un film dâanimation comme L’Ăle aux chiens (2018). Bref ! Il est ce que lâon peut appeler un gĂ©ant du cinĂ©ma.
Par contre, Edward Furlong, câest hĂ©las grĂące Ă ce film et Terminator 2 (1991) qu’il est devenu connu. Il me semble quâon nâa plus tellement entendu parler de lui, par la suite, bien quâil ait continuĂ© Ă tourner. Certes, il a tournĂ© par-ci, par-lĂ , notamment dans le clip “For Livin’ on the Edge” du groupe Aerosmith (une de mes chansons prĂ©fĂ©rĂ©es du groupe). Je vais certainement voir son The Crow – Wicked Prayer (2005) pour me faire une idĂ©e.
Pour ce qui est de Fairuza Balk, ce ne fut pas un immense plaisir de la retrouver, car tout est ignoble chez elle dans ce film. Ses fans seront probablement enchantĂ©s, par contre ! American History X est encore une valeur sĂ»re des annĂ©es 90 ! Je ne pense cependant pas avoir vu d’autres films de ce rĂ©alisateur. Je devrais voir Detachment (2011), mais je risque dâavoir beaucoup trop dâattente. Rare sont les rĂ©alisateurs qui arrivent Ă faire deux chefs-d’Ćuvre. Bien sĂ»r, ce film nâest pas pour les Ăąmes sensibles, ni pour ceux qui ont vraiment un gigantesque problĂšme avec lâextrĂȘme droite et ses violences. Dâailleurs, quand jâentends quelquâun me dire que ce film est son prĂ©fĂ©rĂ© et quâil pourrait le voir tout le temps, je me pose toujours la question du pourquoi et sâil lâaime vraiment pour les bonnes raisons. Car on peut vite douter du cĂŽtĂ© obscur des gens. Je me demande mĂȘme si certains nâont pas des signes racistes tatouĂ©s sur leurs corps, parfois.
Un film qui me fait penser Ă dâautres films exceptionnels qui montrent lâinjustice et le fait que la violence nâarrange rien. Je pense notamment Ă Death Sentence (2007), un des meilleurs de James Wan, ainsi quâĂ Orange MĂ©canique (1971), un des meilleurs de Stanley Kubrick. Ces deux films montrent trĂšs bien que l’on ne s’en sort jamais de telles situations une fois que la machine de la vengeance est lancĂ©e.
Il y a des coffrets qui vendaient ce film avec A History of Violence (2005), qui est un des meilleurs de David Cronenberg. Pas sĂ»r quâil en reste encoreâŠ
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