Le Monde après nous/Leave the World Behind (2023)
Film très spécial, très mystérieux avec une ambiance assez troublante rappelant M Night Shyamalan.
Thriller psychologique post-apocalyptique, mais pas typique ! C’est écrit et réalisé par Sam Esmail. Il s’agit d’une adaptation du roman publié en 2020 par Rumaan Alam. Il met en vedette Julia Roberts, Mahershala Ali, Ethan Hawke, Myha’la et Kevin Bacon.
J’ai été directement happé par ce film. Pas le temps, ni l’occasion de s’ennuyer avec un tel rythme.
Mais une fois de plus, je me suis demandé si je perdais mon temps ou non. Car pour faire un excellent film du genre, la fin ne doit pas retomber. Elle doit être excellente et non décevante.
Hélas… j’ai quand même été à moitié déçu. J’en attendais beaucoup plus. On n’obtient pas forcément toutes nos réponses. Par contre, il y a une lueur d’espoir… et ça, ça fait du bien.
J’apprécie énormément Ethan Hawke et ce depuis très longtemps. Depuis que j’ai découvert Dead Poets Society et Dad (tous les deux de 1989). J’ai adoré le voir en personnage horrible dans Taking Lives (2004), en cowboy dans le remake The Magnificent Seven (2016), en père de famille dans l’horrible American Nightmare – The Purge (2013). J’ai aussi aimé Regression (2015) qui est un très bon Thriller Policier et Sinister (2012) qui est un bon Thriller Policier Horrifique.
Étonnamment, je ne suis pas méga fan de Julia Roberts… même si j’adore Sleeping with the Enemy (1991) et Stepmom (1998). J’aime bien The Pelican Brief (1993) et Conspiracy Theory (1997). Et puis, non, je n’ai rien contre Pretty Woman, au contraire !
De plus, un film sans son sourire mythique est un film qui a un grand vide ! Ici, elle retrouve Kevin Bacon qui était déjà avec elle dans l’excellent Flatliners (1990). Kevin est toujours imprévisible… et on reste toujours sur nos gardes avec lui ! J’avais découvert cet acteur incroyable avec The River Wild (1994). Depuis, j’ai aimé un nombre incalculable de films avec lui, dont Sleepers (1996), Trapped (2002), Mystic River (2003), Death Sentence (2007), The Woodsman (2004) et même X-Men: First Class (2011) !
Ici, j’ai aussi beaucoup apprécié Mahershala Ali & Myha’la. Je ne pense pas que je les connaissais d’avant. Pas plus que ça, en tout cas.
Il y a des phrases que je sors tout le temps. Par exemple, je dis souvent que les meilleurs groupes de musique ont tous des morceaux instrumentaux. Mais je dis aussi régulièrement que les scènes de danse dans les films (non musicaux, je précise) font souvent parties des meilleures scènes. Ici, ça ne manque pas !
On voit aussi pas mal d’animaux, ce qui n’est vraiment pas désagréable en ce qui me concerne. Le film comporte une sorte de tension permanente, ce qui change de tous ces stupides jumpscares faciles dans tous ces autres films. Tout y passent ici : écologie, la haine des américains et celle créée contre eux à travers le monde, la probabilité d’union entre les autres pays ennemis (ce qui rappelle les BRICS, évidemment !).
Bien sûr, le film tape aussi sur la technologie qui nous a rendu irréfléchi.
Dialogues assez intéressants, voire profonds. Très belle réalisation et jolis mouvements de caméra. Mais ces mouvements sont aussi extraordinaires qu’inutiles pour l’histoire, je trouve.
Les gens qui ont détesté le jeu d’acteur confondent, encore une fois, mauvais acteurs et personnages insupportables. Non, ces acteurs de grand calibre ne sont pas en train de se reposer sur leurs lauriers !
Si vous regardez le film pour Kevin Bacon, sachez qu’il n’apparaît que pendant dix minutes.
Le gros problème de ce film, c’est sa fin tellement trop décevante. Bien qu’elle soit clairement dramatique et, comme je l’ai dit plus haut, avec la lueur d’espoir agréable nécessaire, elle m’a laissé sur ma faim. J’aurais voulu en savoir plus. Plusieurs phénomènes dont on attend l’explication (les flamants roses, les biches, le bruit infernal, etc), mais le film s’arrête au moment où l’histoire commence vraiment !
En ce moment, c’est vraiment la mode les fins bâclées surtout quand on a un minimum d’attente, sans être trop exigeant non plus. Ceci dit, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est bâclé et volontairement fait pour se moquer du téléspectateur, mais j’essayais de me convaincre qu’il y aurait une fin surprenante ou quelque chose de vraiment intéressant pour expliquer tout ce qu’on voit pendant le film… mais non !
Et c’est là que tout devient intéressant !!! Oui, je vais vous expliquer :
Leave the World Behind est huit clos nihiliste très bien foutu et original. Je pourrais lui mettre 5 étoiles juste pour remonter un peu sa réputation devant toutes les notes qui descendent le film sur d’autres sites. Je suis tellement désolé de voir ces critiques négatives, plutôt symboliques de notre monde actuel et, au final, c’est normal de ne pas comprendre le film. À croire que l’on ne peut plus ou qu’on n’a carrément plus le droit de faire un film lent, qui s’intéresse à la psychologie des personnages.
Oui, il n’y a pas vraiment de réponses sur le pourquoi et le comment, mais ce n’est évidemment pas le but du film ! Ce film s’intéresse avant tout aux réactions des gens dans une telle situation. La peur de la déconnexion, mais aussi le racisme inscrit dans la société US (et pas que, évidemment !), sont quelques-uns des réels sujets du films.
Quelques effets spéciaux assez réussis, mais ce n’est pas là, non plus, l’intérêt du film. On n’est pas dans un film catastrophe classique, avec des explosions et des poursuites toutes les 30 secondes ! Il n’y a pas non plus de héros qui se révèlent, qui courent au ralenti et qui sauvent le monde. Non, rien que des gens ordinaires comme vous et moi, ni glorieux, ni même très sympathiques, en prise avec des phénomènes incompréhensibles et inquiétants.
Ceux qui cherchent de l’action à tout prix et des rebondissements seront comme toujours déçus, presque autant que ceux qui aiment bien qu’un mystère soit totalement résolu à la fin d’un film. Les autres trouveront, comme moi, que ce qui rend cette histoire encore plus inquiétante, c’est justement son côté à la fois bizarre, mais hélas plausible. Parce que finalement, être attaqué en ignorant qui est son agresseur, ne rien comprendre aux évènements qui nous frappent, demeurer dans la confusion la plus totale et devoir composer avec cette horrible incertitude, c’est ça qui ressemble le plus à la réalité. Et c’est ça qui fait le plus flipper…
Si vous voulez un film où tout est évident, noir et blanc, et où on ne réfléchit pas, passez votre chemin ! Sinon, foncez !!!
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