Fall for Me (2025)

Il y a toujours eu de bons films chez les allemands. Ils font partie de ceux qui n’ont peur de rien !

Il y a eu le film de vampires fĂ©minins Wir sind die Nacht / We are the Night (2010). Il y a eu le film politique qui montre qu’on peut vite et assez facilement crĂ©er un systĂšme fasciste : [Die Welle](https://www.imdb.com/title/tt122 juvenile people_detail) / [La Vague](https://www.imdb.com/title/tt122 juvenile people_detail) (2008). Nous avons eu droit Ă  un film gay trĂšs explicite avec Freier Fall – Free Fall (2013). Nous avons mĂȘme eu une espĂšce d’American Pie (2001) fĂ©minin intitulĂ© MĂ€dchen MĂ€dchen / Girls & Sex (2001). Cette comĂ©die adolescente assez marrante a eu suffisamment de succĂšs pour avoir sa suite, MĂ€dchen MĂ€dchen 2 / Girls & Sex 2 (2004). Il y a aussi eu le trĂšs bon film ultra dramatique The SilenceDas letzte Schweigen (2010). Run Lola Run / Lola rennt (1998) est aussi trĂšs sympa ! Et n’hĂ©sitons pas Ă  terminer cette petite liste avec un chef-d’Ɠuvre politique qu’est le trĂšs touchant Good Bye, Lenin! (2003) avec l’excellent Daniel BrĂŒhl qui a, par la suite, percĂ© en AmĂ©rique.

Ici, dans Fall for Me, nous avons affaire Ă  non pas Ă  une romance, mais carrĂ©ment Ă  un thriller Ă©rotique. Et les connaisseurs le savent : ces films ne peuvent pas bien se terminer ! Plus il y a de sexe, plus on est dans l’embarras ou l’excitation malsaine, plus cela se passe mal pour les protagonistes.

Ma critique comporte quelques spoilers. Si vous voulez voir ce film et que vous n’avez rien envie de savoir dessus, ne lisez pas ce qui suit !

L’excellente Svenja Jung est au sommet de sa beautĂ©, ici, tout comme Sharon Stone a Ă©tĂ© dans Total Recall (1990) et aussi dans Basic Instinct (1992), Madeleine Stowe dans Blink (1994), Jodie Foster dans Siesta (1987), Bridget Fonda dans Jackie Brown (1997) ou encore Kate Winslet dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004). Oui, je sais : la liste est encore trĂšs longue !

Svenja Ă©tait dans le catastrophique Baghead (2023). Ceci dit, si elle avait eu le rĂŽle principal, le film aurait Ă©tĂ© bien. En tout cas, je suis content de la retrouver dans un film nettement meilleur. L’interprĂ©tation de cette actrice principale mĂ©rite d’ailleurs d’ĂȘtre saluĂ©e : jamais vulgaire, elle insuffle une intensitĂ© et une justesse qui donnent corps Ă  son personnage. On suit avec intĂ©rĂȘt l’évolution de Lily, qui figure d’abord vulnĂ©rable et qui rĂ©vĂšle peu Ă  peu sa force et sa rĂ©silience, sans tomber dans la caricature d’une hĂ©roĂŻne « Ă  scandales Â». ParallĂšlement, le personnage de Tom demeure volontairement ambigu. TiraillĂ© entre le rĂŽle de l’escroc manipulateur et celui d’un homme sincĂšrement Ă©pris, ce qui nourrit l’incertitude et maintient l’attention.

C’est un trĂšs bon film qui nous fait voyager et les paysages sont magnifiques. De beaux dĂ©cors, une belle histoire. Mais
 petit conseil : ne regardez pas ce film avec vos parents ou grands-parents ! Ă€ moins qu’ils soient vraiment trĂšs ouverts d’esprit ou que vous n’ayez pas de tabou ! Car cela reste un thriller Ă©rotique, quand mĂȘme !

Franchement, j’ai bien aimĂ©. Ce n’est pas l’intrigue du siĂšcle, mais j’ai passĂ© un bon moment.

Il y a des personnes qui ont créé des comptes et de nouveaux profils dans l’unique but de pousser un coup de gueule face Ă  des critiques injustifiĂ©es. Pourtant, c’est un film d’amour, mais aussi un drame qui donne une superbe hype et qui ne dĂ©nigre pas les femmes. Enfin
 j’en ai pas l’impression, en tout cas !

On a le droit de ne pas aimer, mais descendre ce film n’est pas justifiĂ©. De toute Ă©vidence ceux qui disent que c’est un navet sont des coincĂ©s qui n’ont pas su lire entre les lignes.

Un film comme le polonais 365 Jours / 365 dni sorti en 2020 est bien plus malaisant et mal Ă©crit, par exemple, je trouve. 365 Jours, qui a souvent comparĂ© Ă  la saga Cinquante Nuances, est lui aussi fondĂ© sur le premier roman d’une trilogie du mĂȘme nom Ă©crite par Blanka LipiƄska.

LĂ , certes, certains retournements de situation peuvent paraĂźtre prĂ©visibles, mais cela n’îte en rien la force visuelle et sensorielle du film. La photographie est d’une grande beautĂ© et l’atmosphĂšre qui s’en dĂ©gage – Ă  la fois vĂ©nĂ©neuse, Ăąpre et d’une noirceur presque hypnotique – est parvenue Ă  me happer malgrĂ© tout. Je ne partage pas non plus les critiques Ă©mises Ă  propos des scĂšnes intimes. Bien au contraire : elles sont filmĂ©es avec pudeur et intensitĂ© tout en traduisant parfaitement la tension et la toxicitĂ© qui irriguent la relation entre les protagonistes. Leur derniĂšre Ă©treinte, en particulier, illustre avec finesse la complexitĂ© des sentiments de Lily. Parfois, quand on est brisĂ©e par la trahison, on peut s’abandonner une ultime fois dans un vertige d’affection, comme pour solder Ă  la fois l’amour et la dĂ©sillusion


Cette séquence condense colÚre, désir et désarroi, tout en faisant émerger une dimension ambiguë et toxique qui enrichit le propos narratif.

En dĂ©finitive, il ne s’agit sans doute pas d’un grand film, mais il serait rĂ©ducteur de le qualifier de vide. Pour peu qu’on accepte de lire un peu entre les lignes, Fall For Me propose une expĂ©rience Ă  la fois troublante et captivante, qui m’a personnellement bien diverti.

Rating: 4 out of 5.

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