Stephen King – La Peau sur les Os / Thinner (1984)
Le titre anglais est «Thinner», qui pourrait se traduire par «Maigris».
J’ai une longue histoire avec ce livre. Il a été écrit en 84, mais il a fallu vingt ans pour que j’en entende parler. En effet, en 1999, un ami de l’époque m’avait parlé de ce livre, mais aussi de Marche ou Crève/The Long Walk. Il m’avait résumé l’histoire et ça m’a donné très envie de le lire ! Pourtant, je ne l’ai pas lu pendant plusieurs années avant d’enfin me lancer en 2019. Je l’ai adoré… et il a fallu encore attendre 2026 pour que j’écrive ma critique.
On va compter sur ma mémoire pour cette critique-ci aussi, en espérant qu’elle n’est pas encore trop endommagée !
Un homme (bon époux et bon père, mais avocat arrogant) est en train de conduire et sa femme, assise sur le siège passager, est d’humeur coquine. L’attention n’est plus trop sur la route et, du coup, la voiture heurte une femme et la tue. Par la suite, le père de la défunte touche l’avocat et lui lance un sort. Ce dernier est obèse et pèse plus de cent kilogrammes, mais à partir de ce jour, il perd un kilogramme par jour. Jusqu’à avoir la peau sur les os…
Voilà ! La couleur est annoncée. L’horreur ne fait que commencer !
Ce livre est le cinquième roman publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, sorti quelques jours après le Talisman (également coécrit par Peter Straub) et il est premier signé Bachman à sortir en édition cartonnée ainsi que le premier publié sous ce pseudonyme à faire intervenir un élément surnaturel. Les similitudes de la Peau sur les os/Thinner avec les romans de King attirent l’attention des spécialistes et Steve Brown, un employé de librairie, découvre la supercherie en examinant les formulaires de copyright de la Bibliothèque du Congrès. En janvier 1985, Brown écrit une lettre à King dans laquelle il lui annonce sa découverte et son intention de tout dévoiler publiquement, et l’écrivain le prend alors de vitesse en avouant en février que Bachman et lui sont la même personne. Les ventes de la Peau sur les os explosent, passant en quelques semaines de 28 000 à 280 000 exemplaires !
À noter qu’un critique littéraire s’était bien fait avoir par le pseudo Richard Bachman et avait même écrit que Marche ou Crève/The Long Walk «aurait pu être écrit par Stephen King si celui-ci savait écrire» ! Je trouve ça assez hilarant.
King a eu d’autres pseudo comme Beryl Evans ou encore John Swithen. Il a écrit sept livres sous le nom Richard Bachman. L’idée de ce roman est venue lorsque son docteur lui a fortement conseillé de perdre du poids, car il pesait alors plus de 100 kg. King a suivi ce conseil, mais à regret et a commencé à penser à ce qui arriverait si quelqu’un commençait à perdre du poids et ne pouvait plus arrêter ce processus.
Ce livre a des longueurs, certes, mais je l’ai quand même adoré. Il a ses défauts et la fin est assez poétique, artistique, voire symbolique. Le tout a été adapté au cinéma par Tom Holland en 1996 dans un film portant le même nom. Le film et le livre ont des fins apparemment différentes.
Tom Holland (à ne pas confondre avec l’acteur britannique né en 1996, connu pour son rôle de Spider-Man) est spécialisé dans les films d’horreur. Il est notamment réalisateur de Vampire, vous avez dit vampire ? / Fright Night, ainsi que du premier épisode de la série Chucky. Il a fait une autre adaptation de Stephen King qui est le fabuleux Les Langoliers. Il est aussi l’oncle de Dexter Holland, chanteur du groupe The Offspring.
Dans ce livre, le nom et le personnage qui m’a le plus marqué, c’est Ginelli !
Il y a toujours un ou deux noms qui me restent de chaque livre. Dans Cujo, je me souviens de Vic et de son fils Tad. La mère avait un immense rôle, vraiment important, mais j’ai oublié son prénom. Bon, c’est Donna, si jamais. Je viens de me rafraîchir la mémoire avec une petite recherche.
Dans The Long Walk, je me souviens de Garraty. Il est surtout appelé comme ça durant tout le roman, même si son prénom est Ray. C’est comme à l’armée où l’on connaît rarement le prénom de ses camarades !
Ceci est une histoire qui peut toucher, surtout si on a des problèmes de poids. Stephen King a la décence et la classe de ne pas faire passer les Gitans pour de grands méchants, mais plutôt pour une communauté très soudée avec laquelle il vaut mieux ne pas se prendre le bec. Toucher l’un des leurs, c’est les toucher personnellement et là, ils peuvent devenir assez dangereux. Ils détestent aussi l’injustice et ont probablement pas mal de connaissances ésotériques à leur façon.
Grâce à cet auteur, j’ai appris plein de choses que je n’avais jamais comprises ailleurs. En trois pages, il m’a mieux expliqué le métabolisme que n’importe qui. Il a aussi une réponse parfaite à la question «Pourquoi est-ce que des gens bien souffrent et meurent très jeunes ?
— Parce que tout est possible !» Tout simplement.
Vous l’aurez compris, je n’ai pas vu le film et je n’ai aucun regret d’avoir enfin lu ce roman. Et par rapport à mon avant-dernier paragraphe, je n’oublierai jamais l’une des phrases les plus importantes : «Tout le monde paye… même les innocents !»
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